Michel Potage
1949 - 2020
Présentation
Michel Potage (1949-2020) est un peintre français dont l’œuvre incarne la
fragilité d’une quête poétique intime. Né à Sens, il a vécu une vie marquée
par le goût de l’errance, le théâtre, la musique, et la peinture — un parcours
atypique où chaque forme d’art semble avoir alimenté sa démarche
artistique.
Michel Potage comprend vite que sa véritable vocation réside dans la
solitude du travail pictural. Selon lui, la peinture est un « affrontement avec
l’impossible » : un dialogue constant entre l’instinct et le questionnement,
entre le désir de création et la nature difficile de l’œuvre.
En 1978, il entreprend un voyage marquant en Australie, dans les terres
aborigènes, qu’il dit désirer « peindre le rêve » des peuples autochtones.
Cette expérience sera un déclencheur : elle nourrit plusieurs de ses séries, et
marque profondément sa manière de voir et de transformer le monde en
peinture.
Au fil des années, Michel Potage voyage également dans d’autres régions et
s’intéresse à des communautés humaines variées : il peint des séries
inspirées des Tziganes (fin des années 1980) et des Inuits du Grand Nord
canadien. Son rapport aux peuples, à la culture et à la condition humaine est
profondément incarné dans ses œuvres.
Michel Potage ne se limite pas à une seule technique : il mélange peinture,
écriture, collage, objets, papiers recouverts d’encre. Pour lui, il n’y a pas de
séparation entre supports : qu’il s’agisse de toile, de papier, ou même de
performances, tout est outil de création quand « le concept et l’instinct se
mêlent ». Il utilise des fonds parfois « laissés tels quels » sur lesquels
viennent s’imprimer des traits nerveux, des marques d’encre, des collages
— une façon de rendre visible à la fois le chaos du monde et l’ordre fragile
qu’il invente dans ses compositions.
Malgré une vie personnelle souvent difficile, il a continué à produire avec
rigueur et sincérité, et à faire entendre une voix singulière dans le paysage de
l’art contemporain.
Son parcours — marqué par la fragilité, la recherche, la solitude — fait de lui
non seulement un peintre, mais aussi un poète visuel : quelqu’un qui a
cherché, jusqu’à la fin, à donner forme au rêve, à l’autre, et à lui-même.
Façades – Aborigènes : au retour d’Australie (1980) – Téléphones (1983) –
Ombres Portées (1983-1984) – Lunettes (1984) – De Vincent à Théo (1985) –
Maisons, Huttes, Igloos (1986) – Tziganes (1987-1988) – Inuits : au retour du
Grand Nord (1989) -Coins d’Ateliers, Tables et Boules en folie (1990-1993) –
Greenyard pieces (1994-1996) – Paradise line (1996-1998) – Entre chien et
loup (1998-2000)
L’arbre est un sujet récurrent et recherché dans l’œuvre de cet artiste
En 2015, Olivier Cena, journaliste couvrant l’actualité de l’art contemporain,
dresse pour Télérama un élogieux portrait du Sénonais. Il définit son travail
comme « le trait juste et poétique d’un peintre imprévisible ». Puis il écrit, à
propos de l’artiste : « Un (long) temps alcoolique, foutraque, décalé,
imprévisible, parfois délirant, Michel Potage vit dans un espace poétique
chaotique mais d’une rare ampleur. » « La justesse dote son trait d’une force
symbolique singulière, suscitant une émotion parfois bouleversante », estime
le journaliste.
Il laisse une œuvre abstraite complexe, marquée par ses voyages et une vie
tourmentée.
Le travail de Michel Potage est encore aujourd’hui sous-estimé tant il est
expressif d’un point de vue poétique et pictural; une reconsidération de son
oeuvre est en cours .


